Il manquait une véritable exégèse ésotérique de l’Apocalypse. Georges Bertin a osé « s’aventurer » dans l’univers johannique, d’avoir synthétisé les sources anciennes (juives, chrétiennes et même païennes) d’une « pensée paradoxale » qu’il explore grâce à une lecture « à plus hault sens », ancrée dans une véritable « perspective herméneutique » : nous sommes peut-être là, écrit Georges Bertin, en présence de la mise au jour par la voie symbolique de « choses enfouies depuis la création du monde » (René Girard), le texte de Jean nous ouvrant à comprendre un « noyau intérieur récurrent de vérités cachées ».L’anthropologue n’hésite pas à démontrer que les mystères de l’Apocalypse invitent à repenser la « marche des temps ».  Pour ce faire, sont convoqués des mythologues comme Jean-Charles Pichon, des ésotéristes comme René Guénon, des orientalistes comme Henri Corbin, des psychologues de la profondeur comme Jung, afin d’éclairer les lectures prétéristes, historiques, futuristes et eschatologiques du livre mythique. (L. Guillaud).